Les massifs calcaires du nord
d’Ollioules fortement ravinés par l’eau à l’ère tertiaire ont ensuite été
creusés par des eaux très froides, riches en gaz carbonique au
quaternaire ; des voûtes karstiques se sont effondrées, un ruissellement
souterrain considérable s’est organisé avec parfois des résurgences et sources
importantes et permanentes. Le Labus, la mère des fontaines, la source de
Marc, la résurgence de la Bonnefont alimentent le lit de la Reppe dans la
traversée d’Ollioules. Ces eaux ont été très tôt utilisées par l’homme pour sa
consommation, pour l’irrigation, pour la force motrice.
Ces eaux vives ont été
domestiquées grâce à la construction des canaux connus sous le nom de Béal ou
« Bial » pour les ollioulais. Les archives municipales fournissent
des précisions importantes quant à leur utilisation. Au milieu du XVème siècle,
le Roi René arbitrait des conflits entre les utilisateurs (les coseigneurs et
la communauté)… Au cours des siècles, les conflits ont perduré (la communauté
et les usagers privés), avec obstination et grande ingéniosité, les ollioulais
ont construit des canaux, les ont réparés… Le Béal, tel qu’il coule
actuellement… par contre, ils ont su en toute circonstance partager ces eaux
attachées aux terres traversées, considérées par les juristes du tout début du
XXème siècle comme « Res nullius ».
Ollioules rare village du littoral à posséder une rivière en
eau toute l’année (la pêche à la ligne est pratiquée) : son nom la
Reppe. Depuis des temps immémoriaux l’eau qui l’alimente a représenté pour
les populations résidentes un bien précieux partagé par tous. Aujourd’hui
encore quelques pas dans Ollioules intra-muros nous permet de côtoyer toute
cette histoire. Suivez le lit de la Reppe et le Canal des moulins depuis
l’entrée des gorges jusqu’au carrefour de Sanary.
Bassin
Sert
au jardinier pour stocker l’eau correspondant aux « minutes »
accordées par le syndicat des arrosants. Cette eau va être utilisée pour
l’irrigation par rigoles.
Resclaves
Ouvrage permettant au Béal de changer de rive.
Godets autrefois en terre cuite
puis en zinc montés sur une roue. Les norias servent depuis l’Antiquité à
remplir les bassins situés au-dessus duy niveau de l’eau (canal des
Moulins).
Les norias étaient entraînées par l’homme ou par un animal
(mulet) et plus récemment par un moteur.
Petites écluses qui servent à répartir l’eau du Béal entre les différents utilisateurs.
Il existe deux lavoirs publics et
couverts à Ollioules qui sont alimentés par le Béal grâce à la source de Labus.
Le premier a été construit avant 1900 et le second en 1935.
La source principale du Béal, le Labus prend naissance sous le lit de la Reppe entre les gorges du Destel et l’entrée d’Ollioules, les canaux construits, souterrains ou à ciel ouvert, le conduiront d’une rive à l’autre du lit de la rivière entre Ollioules et Sanary où il se perd sous terre. Les principaux ouvrages construits pour acheminer l’eau par gravitation naturelle au moins depuis le moyen-âge jusqu’à nos jours ont été parfois bouleversés par de terribles crues de la Reppe (la dernière remonte à 1973). A chaque fois les ouvrages ont été construits. 4 moulins à farine et 2 lavoirs restent des patrimoines existants.
Horticulteurs et maraîchers,
beaucoup de particuliers, organisés depuis le milieu du XIXème siècle en
« syndicat des arrosants » décomptaient les minutes d’eau consommées
encore récemment. Ce passé très proche : resclaves, martelières, moulins,
lavoirs, norias sont présents. Sachez les découvrir.
A ce parcours historique s’associe
l’intérêt d’une rivière là où l’eau coule librement, approvisionnée comme par
magie de l’amont à l’entrée d’Ollioules au pont des gorges évacuée
mystérieusement vers l’aval au carrefour d’Ollioules et de Sanary. Végétation,
animaux, c’est une rivière vivante.